Action, 2013, vitrine de Georges Laoun opticien, MontrŽalAction, 2013, vitrine de Georges Laoun opticien, MontrŽalAction, 2013, vitrine de Georges Laoun opticien, MontrŽal.Action, 2013, vitrine de Georges Laoun opticien, MontrŽal.

Traverser

Traverser ou se laisser traverser est une pratique exigeante. Elle demande à recevoir, à ouvrir, à accueillir ce qui est là et, surtout, à ne pas figer, ne pas retenir. Parfois l’aventure est simple, naturelle, source de joie. Parfois elle est difficile, confrontante, épeurante. Chaque instant s’ouvre sur un espace blanc, inconnu.

 

À la vitrine de Georges Laoun Opticien à Montréal, je suis assise aux heures de sortie de bureau à regarder les gens aller et venir, traverser la rue. Je suis là, à recevoir, à me laisser traverser par les vagues humaines.

 

L’action réitérée trois semaines à la file questionne la porosité de celui qui regarde. De ceux qui regardent de part et d’autre de la vitre, qui est le ‘regardeur’, qui est le ‘regardé’ ? Que reste-t-il d’un passage furtif dans un lieu public, devenu l’espace d’un instant, d’un échange de regard, une brèche relationnelle ouverte sur les possibles ? Dans un contexte urbain foisonnant d’agitation, quelle transmissions subtiles sont véhiculées entre inconnus à travers l’espace d’une présence authentique ?